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Partout dans le monde, les cultures fruitières sont ravagées par des attaques de pourriture acide qui dégradent les qualités organoleptiques avant la récolte (plus particulièrement les cerises, mais aussi le raisin).

Cette transformation en acide acétique est due à une petite mouche venue d’Asie et appelée Drosophila suzukii.

Originaire d’Asie du Sud Est, la D. suzukii a été découverte en 1916, décrite et observée au Japon en 1931 (source INRA Euphytia.inra.fr). Elle apparait progressivement en Chine et en Corée, puis plus tard en Russie, Inde, Birmanie et Thaïlande.

C’est dans les années 1980, qu’elle arrive en Amérique du Nord, à Hawaï plus particulièrement, en Californie en 2008, où on constate des dégâts sur les fruits rouges. En 2010, elle a atteint 27 Etats, particulièrement de la côte Est des Etats Unis. Depuis, elle ne cesse de progresser jusqu’à l’ensemble du pays.

En Europe, elle fait son apparition en 2008, d’abord en Italie, puis en Espagne avant que la Corse ne soit concernée en 2010. Aujourd’hui, cette espèce invasive a remonté tout le couloir rhodanien, l’Alsace, le bassin parisien et est passée outre Rhin.

Introduite vraisemblablement à l’état larvaire dans des fruits infestés en 2008 depuis l’Asie, la D. suzukii entraine des pertes considérables.


Cette mouche, dont une femelle peut pondre 300 œufs par semaine, ne se limite pas aux champs cultivés. Pierre GIROD doctorant à l’UNINE (Université de Neuchâtel en Suisse), a soutenu une thèse à ce sujet en 2018. Il s’est rendu en Chine et au Japon pour essayer de trouver des auxiliaires (prédateurs), mais pour le vignoble on redoute que cela puisse nuire à la faune locale.

Pierre GIROD a fait sa thèse sous la supervision d’Alexandre AEBI, maître d’enseignement et de recherche en agroécologie et de Ted TURLINGS, directeur du laboratoire pour la recherche fondamentale et appliquée en écologie chimique.

 

Dans l’ensemble, tous les chercheurs qui se sont penchés, notamment dans le sillon rhodanien et rhénan sur le sujet, ont observé que le milieu naturel pour la D. suzukii offre de nombreuses possibilités de reproduction, des baies sauvages, comme les fraises des bois (Fragaria vesca), le sureau hièble (Sambucus ebulus), le sureau noir (Sambucus -nigra) le merisier (Prunus avium) et même le gui (Viscum album)

Cette capacité d’attaque de nombreux fruits explique la dissémination rapide dans les zones envahies.

En 2014, les vignobles français et européens ont subi de lourdes pertes dues à une attaque de pourriture acide sans précédent. Les interprofessions de tous les vignobles d’Europe se sont alors demandé qu’elle était la cause de ce fléau afin de pouvoir éviter une telle catastrophe lors des prochaines récoltes.

Ils se sont vite rendu compte que le coupable était, comme pour les vergers, Drosophila suzukii. Devant le potentiel invasif et ravageur de ce petit insecte, des recherches ont très vite été engagées afin d’évaluer la nuisibilité de cet insecte dans les vignobles, son rôle éventuel dans le développement de foyers de pourriture acide et de trouver un moyen de lutte efficace.

Localement, le CIVC (Comité Interprofessionnel des Vin de Champagne) a commencé une série de prélèvements en 2018 ayant pour objectif de mener une étude sur les plantes hôtes de D. suzukii dans l’aire de répartition de l’appellation « Champagne ».

C’est suite à des études de terrain traitant des plantes et leur intérêt dans le vignoble champenois, avec un botaniste chevronné du Comité Champagne, que j’ai été mis en contact avec la responsable chargée de cette étude.

Madame Bonomelli m’a recontacté ultérieurement et m’a offert de venir travailler avec son service. C’est ainsi que l’on m’a proposé une convention de stage durant l’été 2019, stage où je devais faire l’inventaire floristique des plantes hôtes de la D. suzukii.

 

I. Contexte de l’étude et cadre théorique

1. Contexte de l’étude

 Qui est Drosophila suzukii ?

 

Drosophila suzukii ou Drosophile à ailes tachetées est un petit insecte volant de l’ordre des Diptères, appartenant à la famille des Drosophilidae. Cette petite mouche, d’à peine 3 millimètres, est originaire d’Asie de l’Est, principalement de la Chine et du Japon (1ère observation en 1916).
Ce moucheron arrive en Europe, en 2009, dans les cultures fruitières d’Italie (région de Trento). Elle s’attaque essentiellement aux fruits charnus de couleurs rouge et noire. D. suzukii (Drosophila suzukii) est aussi connue sous le nom de drosophile du cerisier. En effet, sa cible préférée est le cerisier où elle fait des ravages chaque année.

 

C’est un ravageur majeur des cultures fruitières à l’échelle mondiale. Elle est reconnaissable à son corps brun, jaunâtre. De plus les mâles sont légèrement plus petits que les femelles et possèdent une tâche noire sur l’extrémité des ailes.

Les femelles ont la spécificité d’avoir un ovipositeur pointu et dentelé plus long que les autres Drosophiles.

La particularité de cette petite mouche, contrairement aux autres espèces de Drosophiles, est qu’elle s’attaque aussi bien aux fruits déjà en dépérissement qu’aux fruits encore sains, avec une préférence pour ces derniers. En effet, grâce à son ovipositeur en forme de scie, elle réussit à pondre ses œufs sous la peau des fruits encore sains.
C’est au cours du développement de la larve que le fruit s’abime. La larve, en se nourrissant de la chair du fruit, va créer des perforations qui vont provoquer le dépérissement prématuré du fruit. De plus, cela ouvre la porte aux autres insectes, tel que la Drosophile melanogaster, qui peuvent être porteurs de bactéries acétiques qui transforment les sucres du fruit en acide acétique et détruisent complètement les récoltes.

Cycle de développement de Drosophila suzukii, étudié à température de 20°C

Source : https://occitanie.chambre-agriculture.fr/fileadmin/user_upload/National/FAL_commun/publications/Occitanie/Productions techniques/SudArbo15_Drosophila_suzukii_CRAO_0218.pdf (page 3)

 

  •     Les moyens de lutte existants :

Actuellement, des solutions ont été trouvées pour lutter contre D. suzukii, mais elles ont de gros impacts secondaires sur l’environnement ou encore la qualité des récoltes.

  • L’utilisation d’un parasitoïde exotique, une micro-guêpe de genre Asobara ou Ganaspis, qui pondrait ses œufs dans les pupes de D. suzukii, est en cours d’expérimentation.

Si cela s’avère efficace, ce pourrait être un excellent moyen de lutte. Mais attention à ce que cet insecte ne devienne pas invasif à son tour. Pour le moment personne ne sait quels autres impacts pourraient être causés dans le milieu local.

  • La lutte phytosanitaire est l’une des plus efficaces en détruisant massivement les moucherons. Mais malheureusement, ce système de lutte demande beaucoup de passages de traitement et tuerait aussi les autres insectes présents.

Ayant entamé sur le vignoble Champenois, une campagne de classement Haute Valeur Environnementale et Eco responsable, il ne semble pas envisageable d’épandre de nouveaux produits phytosanitaires.

De toute façon, il n’existe pour le moment, pas de produits spécifiques à D. suzukii et les traitements nécessiteraient des renouvellements successifs pour couvrir la période d’activité de l’insecte qui se situe du printemps jusqu’à l’automne avant les grands froids.

 

  • Les filets de protection, à mailles extrêmement serrées, ont été expérimentés dans les zones fruitières. Cette technique offre une bonne couverture aux fruits, mais s’ils sont posés trop tôt, ils empêchent la pollinisation. En outre, cette technique est très onéreuse.

Il faut garder en mémoire que les filets diminueraient aussi l’efficacité des intrants et pourraient ainsi favoriser l’apparition des maladies cryptogamiques, en créant un microclimat humide et chaud, ce qui va à l’encontre d’une culture plus écologique.

  • Le piégeage de masse est actuellement le moyen de lutte le plus utilisé, puisqu’il a le moins d’impact sur la biodiversité de la parcelle. Seulement, il est difficile d’entretien par sa récurrence de renouvellement, il demande énormément de temps.
  • Drosophila suzukii dans le vignoble

Des chercheurs ont observé une disparité de piégeages selon les régions, les climats et les périodes de l’année. Les conditions climatiques jouent un rôle déterminant.  Dans les zones les plus méridionales, les captures sont plus importantes que dans les régions à hiver plus froid.

D. suzukii a fait son apparition en champagne en 2014, avec une attaque massive sur les 3 cépages de la région : Chardonnay (raisin blanc à chair blanche), Pinot Meunier et Pinot Noir (raisins noirs à chair blanche)

 

 

Les recherches sont toujours en cours actuellement, mais à moindre échelle car il s’est avéré que Drosophila suzukii n’est qu’un ravageur secondaire, quant à sa nuisibilité sur les grappes. En effet, elle n’attaque pas tous les ans, même si sa présence est relevée chaque année lors de piégeages. On remarque qu’il n’y a pas forcement de dégât. Le climat, lors de la vendange, est déterminant dans les attaques de D. suzukii.

Il n’y a pas de preuve d’un lien direct entre la présence de pourriture acide et Drosophila suzukii car en 2017, il y a eu une attaque de pourriture acide mais il n’y a presque pas eu de présence de D. suzukii dans les pièges. Je n’ai pour ma part trouvé aucun travail écrit sur ce sujet.

En effet, la recherche se concentre actuellement sur la lutte sans intrants face aux maladies cryptogamiques (mildiou et oïdium) et les nématodes qui propagent des maladies comme le court noué (maladie liée aux nématodes Xiphinema index, qui

lorsqu’ils piquent les racines de la vigne pour se nourrir, transmettent la maladie de pied en pied) on dit que celui pourrait être le Phylloxéra du 21e siècle !). Ce sont pour le moment les recherches de solutions à ces trois périls qui sont privilégiées dont la seule solution pour l’instant et la dévitalisation et l’extirpation des racines dans toutes les parcelles et zones concernées.

La dynamique de l’insecte semble s’expliquer par le climat.

Source CASDAR, citée en bibliographie.

 

On sait que les femelles pondent à l’automne et qu’en conditions sèches, on en trouve moins.  Mais actuellement, on ne sait pas encore si on en capture moins quand le climat est sec ou si c’est l’insecte qui se déplace moins en période sèche et donc par ce fait, est moins capturée.

Par exemple, la vendange 2014 a eu une attaque massive.

La douceur de l’hiver 2013 - 2014 expliquerait le fait que la population était plus précoce en 2014 qu’en 2013 et 2015. En général, le niveau global des populations augmente fortement jusqu’à l’automne avec des fluctuations au cours de l’été dues aux conditions climatiques.

Les fortes populations de l’été et automne 2014 sembleraient causées par l’été bien plus pluvieux et plus frais et que les autres années.

En conditions sèches, les captures semblent diminuer fortement, mais il n’est pas possible actuellement, de savoir si cela reflète une mortalité importante, ou s’il s’agit seulement d’une période où l’insecte est moins actif, se déplace moins et est donc moins capturé.

Les conditions optimales de développement de D. suzukii sont quand l’humidité est inférieure à 60% et la température moyenne hebdomadaire supérieure à 25°C.

Son développement se fait surtout au printemps et à l’automne. A l’approche de l’hiver, il rentre dans une forme « d’hibernation ». Il semblerait qu’ils s’abritent après la chute des feuilles, dans celles-ci au sol. Les femelles pleines avant l’hiver, résistent mieux au froid que les mâles et elles sont donc plus présentes au printemps suivant.

Si l’hiver est doux comme en 2013 – 2014 et le printemps sec et ensoleillé, les femelles, qui ont pondu à la fin de l’été 2013, ont laissé la nouvelle génération passer la période hivernale 2013 2014 dans divers refuges et comme il n’y a pas eu de périodes assez longues de gel conséquent, leur survie n’a pas été menacée.

On sait que le froid intense, durant plusieurs semaines en hiver, fait baisser le niveau de population, mais il n’a pas fait assez froid à la fin 2013.

Ainsi à la fin de l’été 2014, lors de la période de maturation des raisins, les populations étaient abondantes, puisque la situation climatique leur était favorable, ainsi par la présence de raisins rouges dans l’environnement.

Les recherches champenoises ne sont pas délaissées, car nous ne sommes toujours pas à l’abri d’une nouvelle catastrophe. La profession cherche toujours à évaluer le niveau de risque de pourriture acide liée à la présence de D. suzukii.

 

Pour le moment, par manque d’information sur D. Suzukii, il n’a pas encore été envisagé sur l’ensemble de la profession une information générale. Si besoin en était, il existe un moyen de communiquer rapidement et efficacement : la revue du CIVC, le vigneron Champenois, qui est réservée à cet effet depuis l’année 1873.

Des formations sur le terrain pourraient aussi être envisagées comme pour les autres maladies, pour sensibiliser les vignerons.

En discutant avec certains de la D. suzukii, une demande existe, puisqu’il a été proposé aux vignerons de replanter des haies pour favoriser la biodiversité. Il serait essentiel que les plantes hôtes ne fassent pas partie des haies proposées par la chambre d’agriculture, par la maison du Parc Naturel de la Montagne de Reims, par le CIVC, par le collectif Champagne Patrimoine Mondial Unesco et le guide Viticulture durable en Champagne, hors-série 2014 qui incitent à cette action de replantation de haies.

J’ai repéré et annoté les plantes recommandées à entretenir en haies, buissons et arbres isolés, conseillés par l’article et le site CHAMPAGNE PATRIMOINE MONDIAL .ORG

Les arbres ou arbuste conseillés en HAIES

Nom Latin

Mes commentaires

Aubépine

Crataegus monogyna

 

Charme

Carpinus butulus

 

Bourdaine

Frangula alnus ou

Rhamnus frangula

À éviter, permet le développement complet.

Baguenaudier (arbre à vessie)

Colutea arborescens

 

Cornouiller Sanguin

Cornus sanguinea

Pas de développement des larves

Cytise

Laburnume anagyroides

Très toxique pour l’Homme

Eglantier

Rosa Canina

Pas de développement des larves

Fusain d’Europe

Euonymus europeus

Pas de ponte

Noisetier

Corylus avellana

 

Prunelier ou Epine noire

Prunus spinosa

À éviter, permet le développement complet.

Prunier de Sainte Lucie

Prunus Mahaleb

Très toxique pour l’Homme

Rosier pimprenelle

Rosa pimpinellifolia

Pas de développement des larves

Rosier rubigineux

Rosa rubiginosa

Pas de développement des larves

Saule pourpre

Salix purpurea

 

Saule marsault

Salix caprea

 

Sureau Noir

Sambucus nigra

Devrait être déconseillé, car c’est un lieu de ponte pour D. suzukii

Troene ommun

Ligustrum Vulgare

Intéressant, car plante sans ponte de D. suzukii

Viorne lantane

Viburnum lantana

Intéressant, car plante piège de D. suzukii

Viorne obier

Viburnum opulus

Intéressant, car plante piège de D. suzukii

 

Les arbres conseillés

Nom latin

Devraient être déconseillés car ce sont des niches importantes pour la D. suzukii

Cerisier

Prunus cerasus

Prunier

Prunus domestica

Pêcher

Prunus persica

Poirier

Pyrus communis

Pommier

Malus domestica

Le point important serait que les vignerons puissent reconnaitre autour de leur parcelles les plantes hôtes afin de pouvoir intervenir sur celles déjà existantes en temps utile, afin d’éviter les foyers et la propagation de la D. suzukii. Couper les baies avant maturité pourrait être une des solutions ainsi que de favoriser des plantes pièges comme le cornouiller sanguin Cornus sanguinea.

Pour avancer dans les recherches des moyens de lutte, les techniciens du Comité Champagne ont posé des pièges en 2018 à différents endroits en couvrant presque toute la Champagne viticole.

Au cours de ces piégeages, ils ont remarqué un « effet site », c’est-à-dire que les parcelles où il y a le plus de pièges sont les mêmes chaque année.

En observant l’environnement, il y a eu un rapprochement entre les piégeages et les forêts ou les haies à proximité.

Ils se sont alors posé les questions suivantes :

 

« Existe-t ’il une corrélation entre l’environnement des parcelles et la Drosophila suzukii ? »

« La Drosophila suzukii n’aurait-elle pas d’autres plantes « hôtes » que la vigne pour se développer ? »

Le CIVC (Comité Interprofessionnel des Vins de Champagne), pour répondre à ces questions, a lancé un travail de recherche, auquel j’ai participé de Juin à Août 2019. Cette période est particulièrement fructifère pour beaucoup d’espèces végétales et se situe avant le développement et la maturité des grappes de raisins.

Un travail écrit que j’ai réalisé sur ce sujet avec un collaborateur, a été remis au CIVC en Août 2019.

 

  • Qu’est-ce qu’une plante-hôte pour un insecte ?

 

Définition :

« Certaines espèces d’insectes sont liées à une ou à quelques espèces de plantes en particulier : ils pondent leurs œufs sur seulement cette espèce de plante. Les larves se nourrissent uniquement de cette plante, on l’appelle la plante-hôte de l’insecte. »

(Source : www.lacitedesinsectes.com/component/seoglossary/-glossaire/plante-hote)

Dans notre cas, pour sa reproduction, la Drosophila suzukii pond dans les fruits de diverses variétés de plantes sauvages (Rubus fructicosus par exemple) ou cultivées (Vitis vinifera par exemple).

Il a été noté par les études faites dans le projet du CASDAR (Compte d’Affectation spécial développement Agricole et Rural). Cette entité est un levier pour accompagner la transition agro - écologique de l’agriculture française.

Les études se sont particulièrement portées sur la D. suzukii et ses pontes sur des fruits d’espèces végétales sans qu’il n’y ait d’émergence d’adulte. Ces plantes sont dites des « plantes-pièges ».

Certaines plantes ont été exclues des plantes hôtes et des plantes pièges mais elles sont présentes dans le milieu étudié

D’autres plantes ont retenu mon attention de botaniste car bien présentes dans les vignes mais non rattachées aux plantes hôtes ou plantes dites piège. Ces plantes sont intéressantes à citer même s’il n’y pas de lien avec D. SUZUKII.

Je vous propose de joindre en annexe, les fiches de trois plantes qui ont retenu, de ma part, une attention particulière dans mon étude, étant présentes à l’état sauvage dans les vignes non traitées.

Dans le diaporama que je présenterai, j’inclus ces trois plantes en en faisant la description détaillée ; il s’agit de

  • Bryonia dioica,
  • Rosa canina,
  • Hedera helix
  • Bryonia dioica Jacq. « Navet du diable »

    Description de Coste :

    • Plante Vivace hérissée de petits poils renflés à la base, à racine très grosse, charnue, cylindracée.
    • Tiges très longues, grêles, grimpantes, munies de vrilles contournées en spirale, opposées aux feuilles.
    • Feuilles palmatilobées, en cœur à base, à 3-5 lobes aigues, sinués-dentés.
    • Fleurs verdâtres, dioïques, veinées, en fascicules axillaires, les mâles plus grandes et bien plus longuement pédonculées.
    • Sépales triangulaires, baie petite (5-8 mm de diamètre), dressée, globuleuse, lisse, rouges à la maturité, à suc fétide, à 4-6 graines elliptiques.

     Rosa canina L. « Rose des chiens »

    Description de Coste :

    • Arbrisseau de 1-3 m, verdâtre et aux rameaux robustes, dressés.
    • Aiguillons forts, crochus ou arqués, dilatés à la base.
    • Feuilles à 5-7 folioles plus ou moins grandes, ovales ou elliptiques, glabres, à dents simples, doubles ou composées-glanduleuses.
    • Stipes et bractées dilatées, allongées.
    • Fleurs roses ou blanches, plus ou moins grandes, solitaires ou en corymbes.
    • Pédicelles lisses, plus rarement hispides-glanduleux à glandes inodores.
    • Sépales appendiculés, réfléchis après la floraison et promptement caducs
    • Fruit gros, presque toujours lisses.

    Hedera helix L. « Lierre grimpant »

    Description de Coste :

    • Arbrisseau à tiges sarmenteuses, couchées-radicantes sur le sol ou grimpantes par des crampons.
    • Feuilles alternes, pétiolées, coriaces, luisantes, persistantes, le caulinaires palmatinervées, à 3-5 lobes, triangulaires, celle des rameux florifères entières, ovales-acuminées.
    • Fleurs d’un jaune verdâtre, en ombelles terminales globuleuses, à rayons nombreux, pubescents-blanchâtres.
    • Calice à 5 petites dents.
    • 5 pétales lancéolés, pubescents, réfléchis.
    • Style persistant.
    • Baie globuleuse, noire, cerclée vers le sommet par le limbe du calice.
  • Matériel de détermination floristique

Pour ce travail, j’ai utilisé des Flores

  • Flora Vegetativa de Adrien MÖHL et Stefan EGGENBERG éditeur ROSSOLIS

2ème édition 2013

  • Flore de Gaston BONNIER et Georges de LAYENS éditeur BELIN édition 1985
  • Ainsi qu’une application de détermination, « PlantNet » (créée en partenariat avec le site « Tela-botanica »).

Je procède ainsi. D’abord, en cas de doute ou de non reconnaissance de la plante à identifier, je la photographie avec «PlantNet ». L’application me propose alors différents noms d’espèces et de genres possibles associés à d’autres photos. Je compare les photos avec la plante à identifier et élimine certaines espèces voire certains genres.

Je m’engage ensuite dans l’identification à l’aide de l’une des Flores, avec en tête l’espèce ou le genre supposé suite à l’utilisation de « PlantNet » ; cela m’aiguille lors de l’identification avec la flore qui valide ou non mon hypothèse.

Quand je ne suis en présence que de parties végétatives (exemple Solanum nigrum), j’utilise Flora Vegetativa ; dans les autres cas, je prends la Flore de Bonnier.

 

Fiches de terrain

J’ai aussi fait des fiches pour noter les caractéristiques des espèces rencontrées et d’autres informations relevées sur le terrain.

Ci-dessous, un exemple vierge de mes fiches de terrain :

Chaque jour, je suis allé sur une ou plusieurs stations (si elles étaient proches géographiquement ou si elles étaient peu diversifiées en espèces végétales) et remplissais les 5 colonnes des fiches de terrain :

  • Distance du piège = indique la zone de recherche (50m ou 100m par rapport à l’emplacement du piège) où l’espèce a été trouvée ainsi que le foyer (indiqué par une lettre) s’il y en a plusieurs dans une même zone donnée.
  • Abondance = indique la redondance d’une espèce dans la zone et/ou le foyer repéré (indiqué sur la ligne).
  • Stade de croissance = indique le stade de l’espèce trouvée par rapport à son cycle de développement, ainsi que son stade par rapport à son cycle reproductif.
  • Identification et couleur du fruit = indique le genre et/ou l’espèce si l’identification est complète. Indique aussi la couleur du fruit (s’il y a déjà un fruit à maturité).
  • N° Photo = indique le nom et le numéro de la photo prise de l’espèce correspondant à la ligne.

Photographies

 

Lors de l’identification, si je ne pouvais identifier jusqu’à l’espèce, en plus des photos générales de la plante et des notes sur les caractéristiques sensorielles, je prélevais un échantillon.

Mais avant d’inventorier, j’ai cherché sur le site de l’INPN (Inventaire National du Patrimoine Naturel), les espèces protégées dans la région. Je n’ai donc procédé à aucun prélèvement, si l’espèce recherchée appartenait à un genre dont certaines espèces sont protégées (dans le doute°

 

Présentation de la pratique sur le terrain   Repérage des emplacements des pièges.

Une fois arrivé sur les parcelles, il me fallait, plus ou moins, repérer les endroits où les pièges étaient posés les années précédentes car ils n’étaient pas encore placés à cette période de l’année.  En effet, en réalisant mon inventaire floristique du 25 juin au 3 juillet 2019, les pièges n’étaient pas présents, ils ne seront posés que courant août.

  • Délimitation des foyers à étudier.

A l’aide de mes cartes, il me fallait repérer les limites des différents périmètres ainsi que des foyers préalablement identifiés.

  • Inventaire floristique.

Lors de mon travail de terrain, je procède ensuite systématiquement de la même façon, j’inventorie les espèces végétales potentiellement hôtes de la Drosophila suzukii dans le périmètre de 50 mètres, puis je refais l’inventaire (même s’il y a des doublons d’espèces) dans le périmètre des 100 mètres. J’ai rencontré des cas particuliers comme le foyer D de la station d’Epernay (voir carte page 7) que j’ai dû écarter car sur le terrain, j’ai pu constater que celui-ci ne présentait que des espèces de la famille des Poacées et des plantes sans fruit charnu, donc hors du contexte de l’étude. Aussi le foyer C de la station d’Épernay s’étend à la fois sur le périmètre des 50m et des 100m du Piège N°2. Dans ce cas, j’ai dû séparer les données collectées en fonction du périmètre.

Si des zones où l’on trouve des espèces végétales qui sont séparées les unes des autres par la vigne, elles doivent impérativement être étudiées indépendamment.

 

Parfois certaines zones et certaines parcelles étaient très pauvres en espèces végétales, ce qui explique le manque d’espèces sur l’inventaire de ces parcelles.

Les zones les plus riches sont essentiellement proches des forêts, plantées par l’homme ou par naturalisation.

Les essences observées à la saison durant laquelle j’ai fait mes observations, c’est-à-dire l’été, étaient souvent en fruits mais pas encore à maturité, hormis certaines espèces de prunus comme les cerisiers.

 

Dans le cas de plantes non déterminées directement sur le terrain, faute de temps ou d’éléments, il fallut que je retravaille sur leur identification à l’aide des photographies.

Voici un exemple de plante rencontrée pour laquelle j’ai eu des difficultés d’identification :

Je me trouve en présence d’une plante :

. Tige glabre sortant du sol

. Spathe résiduelle sèche à la base de l’épi de baies

. Épi de baies vertes et immatures

. Absence de feuilles

 

PLANTE HOTE DROSOPHILE

 

 

N’ayant pas assez d’éléments (feuille ou fleur) je n’ai pu identifier précisément l’espèce à l’aide de la Flore.

 

Petite précision :

Je me suis donc décidé à procéder à un autre type de démarche dichotomique. Connaissant le genre Arum, j’ai cherché quelles espèces pouvaient croître dans la région. Seul l’Arum maculatum (l’arum tacheté) correspondait à la région et aux caractéristiques du milieu (sol basique et humide dû à la présence d’un plan d’eau).

Un sol sableux et limoneux est acide parce qu’il contient de la matière organique comme l’humus. Le sol calcaire a un ph > 7 il est basique ou alcalin et souvent humide puisqu’il retient l’eau. En Champagne, le sol se reconnait à sa couleur blanchâtre car il contient de la craie, une roche composée principalement de carbonate de calcium (CaC03). Pour être exact, la craie champenoise est composée de microalgues appelées coccolithes, qui lorsqu’elles meurent dans les océans tombent au fond de l’eau et en s’accumulant sont mangées par les bactéries en donnant naissance à des boues qui se sédimentent au fil des millions d’années. Le vignoble champenois pourrait-on dire, a été planté sur du plancton du crétacé.

 

1-  Analyse des données recueillies

  • Synthèse des données collectées sur le terrain.

Afin de traiter les données collectées, j’ai choisi de synthétiser mes fiches de terrain sous forme de tableaux.

Chaque tableau correspondant à une station.

Vu les emplacements souvent complexes des foyers (pouvant chevaucher 2 zones différentes), je n’intègre pas au tableau le nom des foyers mais leur contenu qui est réparti dans les différentes zones correspondantes. Puis, par exemple, si un foyer correspond à un jardin, je le note en commentaire et j’étudie les espèces végétales en rapport séparément.

 

Voici, ci-dessous un exemple de tableau synthétique issu du travail de terrain :

 

Épernay

Zones

Nom scientifiques

Nom courant

Abondance*

Commentaire

Périmètre des 50m du piège N°1

Cornus sanguinea

Cornouiller sanguin

2

 

Rubus fructicosus

Ronce commune

2

 

Rosa canina

Églantier

1

 

Duchesnea indica

Faux fraisier

1

 

Juglans regia

Noyer commun

1

 

Humulus lupulus

Houblon

1

 

Sambucus nigra

Sureau Noir

1

 

Bryonica dioica

Bryone dioïque

1

 

Headera helix

Lierre Grimpant

2

 

Prunus spinosas

Prunelier

1

 

Sambucus ebulus

Sureau hièble

1

 

Périmètre des 50m du piège N°2

Prunus avium

Cerisier

1

Jardin d'une maison

Rosa canina

Eglantier

1

Rubus fructicosus

Ronce commune

1

Bryonica dioica

Bryone dioïque

1

Prunus domestica subsp. syriaca

Mirabellier

1

Headera helix

Lierre Grimpant

2

Juglans regia

Noyer commun

1

Sambucus ebulus

Sureau hièble

1

Périmètre des 100m du piège N°2

Rosa canina

Eglantier

1

 

Salis caprea

Saule des chèvres

1

 

Headera helix

Lierre Grimpant

2

 

Prunus domestica

Prunier

1

 

Ce tableau est issu de l’inventaire floristique effectué sur le terrain d’Epernay (carte en page 7).

 

Description de Coste (issue de TelaBotanica)

  • Analyse des données des espèces végétales, où la D. suzukii a un cycle de développement complet

Liste des 15 espèces permettant le développement complet de D. suzukii, déterminées sur l’ensemble des sites étudiés :

- Malus domestica, cultivé, présent dans un jardin ; (pommier)

- Pyrus communes, idem ; (poirier)

- Vitis vinifera (vigne)

- Atropa belladonna (belladone)

- Fragaria vesca (fraisier des bois)

- Frangula alnus (bourdaine)

- Ribes rubrum (cassissier à grappes)

- Rubus idaeus (framboisier)

- Rubus fruticosus (ronce commune)

- Sambucus ebulus (sureau hièble)

-Sambucus nigra (sureau noir)

- Prunus avium (merisier)

- Duchesnea indica (fraisier des indes)

- Taxum baccata (If commun)

-Viscum album (gui)

 

J’ai choisi d’inclure dans le graphique ci-dessus, les 3 espèces qui pourraient également permettre à D. suzukii d’effectuer un développement complet malgré des résultats contradictoires selon les études sur lesquelles j’ai travaillé et qui sont citées en bibliographie :

-Solanum dulcamara (morelle douce-amère)

- Solanum nigrum (morelle noire)

- Arum maculatum (arum tacheté)

 

 

J’ai pu constater avec mes recherches, que j’ai croisées avec les données des études précédentes, une large majorité de « ronces communes » parmi toutes les espèces où le cycle de développement de D. suzukii est complet.

Par la suite, on constate que le fraisier des indes, le sureau noir, le sureau hièble et le merisier sont bien implantés, eux aussi.

Les autres espèces, comme le pommier, le poirier, mais aussi le mirabellier et l’if commun ainsi que certains pruniers et cerisiers, ont été plantés par l’homme.

 

  • Analyse des données des espèces végétales, où la D. suzukii a un cycle de développement partiel

Liste des 4 espèces déterminées sur l’ensemble des sites étudiés où le développement est partiel pour D. suzukii :

-              Asparagus officinalis (asperge)

-              Cornus sanguinea (cornouiller sanguin)

-              Ilex aquifolium (houx)

-              Rhamnus cathartica (neprun purgatif)

A celles-ci, j’ajoute les espèces potentiellement éligibles (résultats contradictoires selon les études sur lesquelles j’ai travaillé et qui sont citées en bibliographie) :

-              Arum maculatum (arum tacheté)

-              Crataegus monogyna (aubépine)

 

 

Conclusion
En conclusion de l’étude et aux vues des résultats observés, dans ce travail, il est démontré qu’il existait bien une corrélation entre l’environnement végétal des parcelles et la présence de Drosophila suzukii. On peut donc en déduire qu’il existe un lien étroit entre l’environnement des parcelles champenoises et la Drosophila suzukii.

En effet, vu que les parcelles où il y a le plus de captures sont celles où il y a le plus de végétation et inversement, il est évident que la végétation environnante a une importance sur la présence de D. suzukii dans le vignoble.

Par ailleurs, il faut aussi noter que la simple présence d’un individu tel que Prunus avium ou Rubus fruticosus, hôte de la Drosophila suzukii, peut être une niche importante pour le développement de la mouche même, en l’absence d’autres espèces hôtes avoisinantes.

Il est fort possible que D. suzukii vive sur une essence en attendant qu’une suivante soit passée à maturité ou du moins que les conditions soient favorables à D. suzukii.
De plus, D. suzukii pond sur certaines essences sans pour autant s’y développer complètement. Ces plantes sont dites « pièges » car la ponte n’aboutit à rien.

La difficulté de la lutte
Si l’on veut limiter les attaques de ces petites mouches, il faudrait définir précisément quelles plantes sont des hôtes pour D. suzukii et permettent le développement des œufs jusqu’à émergence de la nouvelle génération.

Une fois ces plantes identifiées, il faudrait supprimer ou éviter de planter ces essences, ce qui parait compliqué à mettre en place au vu de la taille de la liste des plantes concernées. Cependant ce serait une avancée d’avoir un inventaire qui représenterait aussi une grande partie de la végétation de la région.

Ces buissons et arbres servent aussi d’abris pour les petits animaux et certaines espèces d’insectes bénéfiques pour la vigne. Une alternative serait possible en conservant ou en réimplantant comme je l’ai évoqué plus haut dans mon travail, des essences dites « pièges » (ne permettant pas le développement larvaire complet de D. suzukii). Reste à définir un inventaire floristique de ces espèces en corrélation avec les territoires locaux.

Aujourd’hui, dans le monde viticole, les recherches pour la lutte contre Drosophila Suzukii ont ralenti car elle n’est considérée que comme un ravageur secondaire. En effet, la présence et la nuisibilité ne sont pas clairement établis.
Il y a un effet millésime (condition météo, fragilité de la baie, foyer de pourriture). Seulement, il ne faut pas oublier qu’avec le réchauffement climatique et les vendanges de plus en plus précoces, ce ravageur aujourd’hui secondaire pourrait devenir un ravageur majeur des récoltes à venir.

Notons également que d’après les recherches d’Olivier Chabrerie (Université de Picardie Jules Vernes à Amiens), certaines plantes hôtes, même moins attractives ou toxiques peuvent conférer à D. suzukii des immunités (belladone) ou des adaptations telles de plus grandes ailes (gui).