Baiser

Quand ton col de couleur rose
Se donne à mon embrassement
Et ton oeil languit doucement
D’une paupière à demi close,

Mon âme se fond du désir
Dont elle est ardemment pleine
Et ne peut souffrir à grand’peine
La force d’un si grand plaisir.

Puis, quand s’approche de la tienne
Ma lèvre, et que ton haleine,
Où nos deux langues se jouent
Moitement folâtrent et nouent,
Eventent mes douces ardeurs.

Il me semble être assis à table
Avec les dieux, tant je suis heureux,
Et boire à longs traits savoureux
Leur doux breuvage délectable.

As-tu peur que la jouissance
D’un si grand bonheur me fasse dieu?
Et que sans toi je vole
vers d’éternelles réjouissances?

 

JOACHIM DU BELLAY (1542)

 

Femme du monde

Cette femme du monde,

Pâle et blonde,
Qu’on voit d’un pas pressé,
L’œil baissé,
Filer sous les grands arbres
Loin des marbres,


S’en va vers un coin sombre
Voilé d’ombre,
Derrière les massifs
De vieux ifs.
Sans manteau qui la drape
Un Priape
Lascif dresse en ce lieu
Son long pieu,
Que couronne d’acanthe ( fleur)


Par delà le nombril
Son outil
Lui monte jusqu’au buste,
Gros, robuste,
Par le chaud, par le froid,
Toujours droit.
Sous l’acier qui paillette
Sa voilette,

Cette sainte Nitouche
Qu’effarouche
Le moindre mot plaisant
Non décent,
Chaque soir rend hommage
À l’image
Que le gamin impur
Trace au mur.

Théophile Gautier, Poésies libértines

Goûts royaux

 Louis Quinze aimait peu les parfums. Je l’imite.

Ni flacons, s’il vous plaît, ni sachets en amour !
Mais, ô qu’un air naïf et piquant flotte autour
D’un corps, pourvu que l’art de m’exciter s’y trouve ;


Et mon désir chérit et ma science approuve
Dans la chair convoitée, à chaque nudité
L’odeur de la vaillance ou le relent des femmes mûres.


Quand sur l’oreiller mon odorat lassé,
Comme les autres sens, du plaisir ressassé,

De l’entrelacement des jambes et des bras,
De cette langueur voluptueuse monte
Un goût d’humanité qui ne va pas sans honte,


Dès lors, voudrais-je encor d’un poison étranger,
Qui vous tourne le cœur et vous brûle la tête,
Puisque j’ai, pour magnifier la volupté,

Vous à mes côtés.

Paul Verlaine, Femmes, 1890

 

 

Aurore Dupin George Sand

Lettre authentique envoyée par Aurore Dupin (romancière francaise du XIXe siècle),dite George SAND (son nom de plume) à Alfred de MUSSET (écrivain francais). A vous de découvrir l’érotisme caché. Relisez-la en sautant les lignes paires

Je suis très émue de vous dire que j’ai
bien compris l’autre soir que vous aviez
toujours une envie folle de me faire
danser. Je garde le souvenir de votre
baiser et je voudrais bien que ce soit
là une preuve que je puisse être aimée
par vous. Je suis prête à vous montrer mon
affection toute désintéressée et sans cal-
cul, et si vous voulez me voir aussi
vous dévoiler sans artifice mon âme
toute nue, venez me faire une visite.
Nous causerons en amis, franchement.
Je vous prouverai que je suis la femme
sincère, capable de vous offrir l’affection
la plus profonde comme la plus étroite
amitié, en un mot la meilleure preuve
que vous puissiez rêver, puisque votre
âme est libre. Pensez que la solitude où j’ha-
bite est bien longue, bien dure et souvent
difficile. Ainsi en y songeant j’ai l’âme
grosse. Accourez donc vite et venez me la
faire oublier par l’amour où je veux me
mettre

NB : La réponse de George Sand .Cette insigne faveur que votre coeur réclame (Nuit) à ma renommée et répugne à mon âme. George Sand 1835

Mignonne

Mignonne, sais-tu qu’on me blâme
De t’aimer comme je le fais ?


On dit que cela, sur mon âme !
Aura de singuliers effets;


Que tu n’es pas une duchesse,
Et que ton cul fait ta richesse,


Qu’en ce monde, ou rien n’est certain,
On peut affirmer une chose:
C’est que ton con vivant et rose
N’est que le con d’une putain !
Qu’est-ce que cela peut foutre ?
Lorsqu’on tient ces vains propos,


Je les méprise, et je passe outre,
Alerte, gaillard et dispo !


Je sais que près de toi je bande
Vertement, et je n’appréhende
Aucun malheur, sinon de voir,
Entre mes cuisses engourdies,
Ma pine flasque et molle choir !…

Stéphane Mallarmé

Alphonse Daudet, Les Amoureuses, 1858

À Célimène

Je ne vous aime pas, ô blonde Célimène,
Et si vous l’avez cru quelque temps, apprenez
Que nous ne sommes point de ces gens que l’on mène
Avec une lisière et par le bout du nez ;


Je ne vous aime pas… depuis une semaine,
Et je ne sais pourquoi vous vous en étonnez.

Je ne vous aime pas ; vous êtes trop coquette,
Et vos moindres faveurs sont de mauvais aloi ;


Par le droit des yeux noirs, par le droit de conquête,
Il vous faut des amants. (On ne sait trop pourquoi.)
Vous jouez du regard comme d’une raquette ;
Vous en jouez, méchante… et jamais avec moi.

Je ne vous aime pas, et vous aurez beau faire,
Non, madame, jamais je ne vous aimerai.
Vous me plaisez beaucoup ; certes, je vous préfère
À Dorine, à Clarisse, à Lisette, c’est vrai.


Pourtant l’amour n’a rien à voir dans cette affaire,
Et quand il vous plaira, je vous le prouverai.

J’aurais pu vous aimer ; mais, ne vous en déplaise,
Chez moi le sentiment ne tient que par un fil…


Avouons-le, pourtant, quelque chose me pèse :
En ne vous aimant pas, comment donc se fait-il
Que je sois aussi gauche, aussi mal à mon aise
Quand vous me regardez de face ou de profil ?

Je ne vous aime pas, je n’aime rien au monde ;
Je suis de fer, je suis de roc, je suis d’airain.


Shakespeare a dit de vous : « Perfide comme l’onde » ;
Mais moi je n’ai pas peur, car j’ai le pied marin.


Pourtant quand vous parlez, ô ma sirène blonde,
Quand vous parlez, mon cœur bat comme un tambourin.

Je ne vous aime pas, c’est dit, je vous déteste,
Je vous crains comme on craint l’enfer, de peur du feu ;


Comme on craint le typhus, le choléra, la peste,
Je vous hais à la mort, madame ; mais, mon Dieu !
Expliquez-moi pourquoi je pleure, quand je reste
Deux jours sans vous parler et sans vous voir un peu.

 

Les Passantes

chanté par Brassens

Je veux dédier ce poème
A toutes les femmes qu'on aime
Pendant quelques instants secrets
A celles qu'on connait à peine
Qu'un destin différent entraîne
Et qu'on ne retrouve jamais

A celle qu'on voit apparaître
Une seconde à sa fenêtre
Et qui, preste, s'évanouit
Mais dont la svelte silhouette
Est si gracieuse et fluette
Qu'on en demeure épanoui

A la compagne de voyage
Dont les yeux, charmant paysage
Font paraître court le chemin
Qu'on est seul, peut-être, à comprendre
Et qu'on laisse pourtant descendre
Sans avoir effleuré sa main

A la fine et souple valseuse
Qui vous sembla triste et nerveuse
Par une nuit de carnaval
Qui voulu rester inconnue
Et qui n'est jamais revenue
Tournoyer dans un autre bal

A celles qui sont déjà prises
Et qui, vivant des heures grises
Près d'un être trop différent
Vous ont, inutile folie,
Laissé voir la mélancolie
D'un avenir désespérant

Chères images aperçues
Espérances d'un jour déçues
Vous serez dans l'oubli demain
Pour peu que le bonheur survienne
Il est rare qu'on se souvienne
Des épisodes du chemin

Mais si l'on a manqué sa vie
On songe avec un peu d'envie
A tous ces bonheurs entrevus
Aux baisers qu'on n'osa pas prendre
Aux cœurs qui doivent vous attendre
Aux yeux qu'on n'a jamais revus

Alors, aux soirs de lassitude
Tout en peuplant sa solitude
Des fantômes du souvenir
On pleure les lèvres absentes
De toutes ces belles passantes
Que l'on n'a pas su retenir

Paroliers :

Charles Antoine Pol /

1911

Georges Brassens / Joel Favreau 1972

 

 

Une passante

 

La rue assourdissante autour de moi hurlait.
Longue, mince, en grand deuil, douleur majestueuse,
Une femme passa, d’une main fastueuse
Soulevant, balançant le feston et l’ourlet;

Agile et noble, avec sa jambe de statue.
Moi, je buvais, crispé comme un extravagant,
Dans son oeil, ciel livide où germe l’ouragan,
La douceur qui fascine et le plaisir qui tue.

Un éclair… puis la nuit! – Fugitive beauté
Dont le regard m’a fait soudainement renaître,
Ne te verrai-je plus que dans l’éternité?

Ailleurs, bien loin d’ici! trop tard! jamais peut-être!
Car j’ignore où tu fuis, tu ne sais où je vais,
O toi que j’eusse aimée, ô toi qui le savais!

Charles Baudelaire

 

Concordances

 

Dieu fit le con, ogive énorme,
Pour les chrétiens,
Et le cul, plein-cintre difforme,
Pour les païens ;
Pour les sétons et les cautères,
Il fit les poix,
Et pour les pines solitaires,
Il fit les doigts.

Les setons : plaies, blessures

Cautères instsrument qui brule les tissus pour les cicatriser

Poix résine qui colmate et imperméabilise

Théophile Gautier

Amourette

 

Or que l’hiver roidit la glace épaisse,
Réchauffons-nous, ma gentille maîtresse,
Non accroupis près le foyer cendreux,
Mais aux plaisirs des combats amoureux.

Assisons-nous sur cette molle couche.
Baisez-moi, tendez-moi votre bouche,
Pressez mon col de vos bras dépliés,
Et maintenant votre mère oubliez.

Que de la dent votre tétin je morde,
Que vos cheveux fil à fil je détorde.
Il ne faut point, en si folâtres jeux,
Comme au dimanche arranger ses cheveux.

Approchez donc, tournez-moi votre joue.
Vous rougissez .Vous souriez 

N’Auriez-vous point ouïe ces
Quelques doux mots qui vous ont réjoui ?

Je vous disais que la main, j’allais mettre
Sur votre sein : le voulez-vous permettre ?
Ne fuyez pas sans parler : je vois bien
A vos regards que vous le voulez bien.

Je vous connais en voyant votre mine.
Je jure Amour que vous êtes si fine,

Car toute fille, encor’ qu’elle ait envie
Du jeu d’aimer, désire être ravie..

Je veux user d’une douce main-forte.
Hà ! vous tombez, vous faites la morte.
Hà ! quel plaisir dans le coeur je reçois !
Sans vous baiser, vous moqueriez de moi.

PIERRE DE RONSARD (1565)

 

 

Jeune goinfre

 

Casquette,
De moire,
Quéquette
D’ivoire,

Toilette
Très noire,
Paul guette
L’armoire,

Projette
Languette
Sur poire,

S’apprête,
Baguette,
Et foire.

Arthur Rimbaud

 

 

 

 

photo texte poésie Patricia canards mars 2020

 

Nourrir l'Espérance

Le monde qui de sa nuit secrète et intense nous envahit
Malgré l’opacité ambiante, l’amour revèle sous des plis secrets notre propre lumière.

Nous avons tous cette chance de savoir que l’on peut se nourrir d’Espérance
Car ni la laideur et ses transes n’éteindront le chant de l’oiseau et de la joie qui sommeille en chacun de nous.

Patricia 23 mars 2020

 

 

 

Frühlingsanfang
Erwachen.
Aus dem Winterschlaf.
Drängen.
Aus scheinbar totem Holz.
Die ersten Blätter.
Angezogen.
Vom Licht der ersten langen Tage.
Gibt kein Halten.
Gibt kein Warten.
Brechen durch.
Ernten.
Still und unbedarft wohlig warme Strahlen.
Bezaubern.
Meine Augen
Weiden am Wunder der Natur
und meine Sinne ruhen.
BETTINA ENGEL-WEHNER
[PS. JE]

 

 

 

photo toile darraignée hiver  photos vignes cumieres les culées

Aux premiers froids, quand les gelées blanches fixent le dessin des toiles d’araignée sur le fil des vignes, quand les feuilles mortes font un chemin bruissant sous les pas, on entend un jour dans l’air léger du matin un croassement doux et lointain qui vient d’on ne sait où et qui grandit, se précise jusqu’à ce que l’on découvre à l’horizon une ligne onduleuse : les grues !

Elles arrivent du fond du ciel, par-delà la crête dentelée des arbres et glissent au dessus de nous pour aller se reposer sur le Lac du Der en Champagne avant de refaire route encore plus vers le Sud. Parfois leur ligne se brise, se reforme, serpente, tantôt accrochée aux nues comme la queue d’un fantastique cerf-volant, tantôt brisées en un chapelet qui s’égrène. Elles grandissent, soudent leur ligne en un triangle dont la pointe s’enfonce dans la brume; parfois, l’une d’elles se détache et vient prendre la tête ; elles sont maintenant droit au-dessus du village, on distingue leurs cous tendus et l’imperceptible battement de leurs ailes est émouvant. La ligne ondule et glisse encore. Le croassement n’est plus qu’un murmure et que l’on croit entendre encore quand les voyageuses ont disparu vers le sud.

C’est la veille de l’hiver. On sème les blés. Le vigneron commence à tailler ses pieds de vignes. Il arrête sa tâche et lève la tête vers les oiseaux qui passent. Le vigneron, dont toute la vie s’est usée entre caves et vignes s’étonne de ces vagabondes qui vont par-dessus les clochers, par-dessus les pays, le cou tendu vers des lointains insoupçonnés. La main posée sur un piquet de tête en bout de vigne, le vigneron suit leur vol qui s’enfonce dans l’horizon, puis il les perd de vue. Son regard reste fixé vers ce tout petit croassement qui s’efface dans un souffle du vent. Il revient au travail dans sa route de vigne, ébloui d’avoir un instant franchit avec les voyageuses la borne de l’horizon.

                 

 lac du Der aigrette2 dec 2019 Charles MILLET                    Lac du Der Canard colvert 2 DEC.2019 Charles MILLET

J’ai choisi ce texte « Une enfance » de Jules MAROUZEAU  publié aux Editions colin- Bourrelier, Il est le contemporain de Gabriel Boutet. MAROUEZAU est né dans la Creuse en 1878 mort en 1964 (Gabriel Boutet est né en 1897). Jules MAROUZEAU  a vécu la tragédie des deux guerres, face à face avec la mort sur les fronts de la Champagne. Il fut agrégé de lettres en 1907 et professeur à la Sorbonne.

Je me suis librement inspiré de quelques unes de ces lignes, en hommage aux ancêtres de la famille Boutet. Comme ceux de Jules MAROUZEAU, les aïeux de Luc sont creusois. Dans ses textes Jules MAROUZEAU rappelle assez longuement que son père avait fait à pied le trajet de Paris pour mener la vie des maçons émigrants, qui s’expatriaient pour une meilleure vie en gagnant celle-ci grâce à leur savoir faire de maçons et de tailleurs de pierres. Il en fut de même pour les fondateurs de la maison Boutet qui après avoir aidé à construire les caves de l’Avenue de Champagne à Epernay, s’établirent à Cumières et à Chouilly.

Lac du Der etiage dautomne 2 Charels Millet 12.2019

Pour ceux qui ne connaissent pas le Lac du Der Charles MILLET vous en raconte l’histoire 

Trois villages engloutis pour sauver Paris des eaux !

 

Ce plan d’eau de 48 km2 (à son remplissage maximal) est devenu un lieu de tourisme populaire pour tout l’Est de la France et au-delà, et un havre providentiel pour quantité d’espèces animales. Les soixante mille grues cendrées qui fréquentent le lac chaque année.

Suite aux importantes crues de la Seine à Paris en 1910 et 1924, l’État décida de désengorger le fleuve et ses affluents. Ainsi, en 1938, fut construit un premier lac-réservoir à Champaubert-aux-Bois de 450 ha. Cette partie du lac est aujourd’hui appelée le Vieux Der. Entre 1952 et 1974, l’Institution interdépartementale des barrages-réservoirs du bassin de la Seine qui gère aujourd’hui le lac, projeta puis mit en place la création d’un immense lac-réservoir.

La réalisation du lac du Der, sur la Marne, a entraîné l’engloutissement de trois villages du bocage champenois. Leurs habitants (environ trois cents) ont résisté en vain à la marche implacable de l’administration. En huit ans, ils ont été indemnisés et évacués ; puis on a rasé et incendié les bâtiments.

Construit depuis 1967, 89 digues retiennent l’eau et la  confine.  Le fond du lac est constituté d’argiles  en assure une impérméablité. Le lac du Der-Chantecoq est inauguré 3 janvier 1974 suivit de la mise en eau du lac  par le ministre de l’équipement de l’époque, Robert Galley. On n’a jamais retrouvé depuis le lac les inondations d’avant dans la vallée de la Marne et Paris.

Pour la réalisation du plan d’eau, il fallut détruire des hectares de forêt, des fermes, des étangs et trois villages. Augustin Moïse le maire du village s’est battu durant 25 ans contre le projet. Quand le préfet est arrivé dans le village il lui dit à la fin de la réunion : « Si je peux me permettre monsieur le prefet, si les parisiens sont assez cons pour contruire des maisons dans le lit majeur de la rivière où ça innonde réglièrement, c’est bien fait pour leurs gueules ». Il dira aussi « il n’y a pas de catastrophes naturelles il n’y a que la bêtise humaine. Il faut apprendre à vivre avec la nature et pas contre celle-ci. En montagne on ne construit pas un chalet dans un couloir d’avalanche » Depuis ces dires, 15 000 hectares de batiments on été constuits dans le lit majeur de la rivère.

Un village Musée.

Jules Rosier paysan et Augustin Moïse maire de Nuisement furent les porterurs de ce projet. Dans le site on découvre une immense maquette de bâtiments à pans de bois faite par Jules Rosier le paysan amoureux de son village. Tout y est représenté de façon réaliste à l’échelle 1/30e

Créé en 1999 par la volonté des anciens du village, le musée du pays du Der a été voulu pour conserver la mémoire et la vie traditionnelle des trois villages disparus. Le Village Musée du Der retrace les étapes de la construction du Lac du Der.

La mairie-école, l’église et son cimetière, la maison du forgeron ainsi qu’un pigeonnier de Nuisement-aux-Bois, ont, quant à eux, été reconstruits au Village Musée du Der à Sainte-Marie-du-Lac-Nuisement.

Vous pourrez y découvrir l'histoire poignante des trois villages détruits, la vie et les métiers d'autrefois.

Le musée se compose de plusieurs bâtiments à pans de bois, chacun abritant un thème différent comme par exemple,  des ateliers de vannerie de branches de tilleul pour tresser des paniers…cette technique ancestrale a été perdue.

Une bonne partie des villages engloutis est à 4 m à peine quand le lac est au niveau maximum. De nos jours, beaucoup de ruines sont toujours visibles plusieurs mois dans l année à marée basse, lorsque l'étiage est au plus bas en automne avant les pluies d'hiver. Il ne reste des trois communes englouties que l’église de Champaubert, aujourd’hui sur la presqu’île de Champaubert où, majestueusement elle se mire dans l'eau du lac comme si elle voulait saluer les villages disparus à jamais. La pire épreuve des habitants a été de voir les tombes ouvertes et les cercueils des defunts déterrés. Les restes ont été transférés dans le nouveau cimetière où enfin ils reposeront pour l'Eternité.

Dans ce village on fabriquait des poutres de chêne et on les transportait jusqu’à Paris.

Pour avoir toujours des poutres sous la main, on stockait dans l’eau le chêne fendu par les scieurs aux longues scies qui tranchaient directement le long du tronc. Le Chêne est l'arbre des forêts du Der. Le mot "Der" signifie Chêne chez les Celtes. Cet arbre est le symbole du Der. Il fut longtemps amené à Paris par la Rivière Marne, comme un radeau. On raconte que les poutres de la charpente de Notre Dame de Paris viendraient de cette forêt du Der abattue par" les scieurs de long". Lorsque ces hommes revenaint de Paris où ils vendaient le bois, ils accorchaient après la brague, longue perche pour se guider dans la rivière, un grand tissu rempli de vivres. Aujourd ‘hui encore on appelle les habitants de Saint-Dizier, les BRAGUARDS, ceci parce que les habitants du bocage ont été relogés dans des maisons et immeubles à Saint-Dizier.

La mare jadis, était  très importante , elle permettait d’y puiser l’eau pour éteindre les fréquents incendies. Un autre point important est l’agencement des maisons entre elles : on construit 2 maisons puis un espace,  le tout est configuré en quincone et comme la terre est argileuse on y creuse un trou au mileu,, la pluie en fait une mare qui servira à éteindre les feux si besoin. Lorsqu’une maison brulait, les habitants s’entr’aidaient et en 1 semaine la maison était reconstruite avec les poutres que l’on grattaient,  le torchis servait de ciment et d’isolant.

Un potager de légumes anciens et des jardins viennent compéter la visite : le jardin des insectes, hôtes particulièrement précieux pour les jardiniers. Des aménagements adaptés, des fleurs spécifiques et un endroit propice (prairie fleurie, mare et compost à proximité) en font un lieu conçu pour favoriser la reproduction des insectes.

Dans le village on racontait qu’une guérisseuse, l’arrière grand-mère Henriette du maire monsieur Moïse, savait soigner les coliques des nourissons grâce à sa connaissance des vertues thérapeutiques de la rhubarbe. Mais devenue veuve elle cherche un autre gain plus lucratif. Henriette alla donc chercher des sangsues sauvages dans les mares et les revendait aux hopitaux militaires de VITRY LE FRANCOIS (une somme équivalente aujourd’hui à 300€).Mais un jour, suite à de fortes précipitations les mares sont si remplies qu’elle ne peut plus chercher les sangsues. Par « hasard » un feu se déclenche et les habitants pour éteindre le feu puisent dans les mares ce qui descend le niveau de cette dernière, et Henriette peut de nouveau chercher ses sangsues. Mais la pluie redouble et un nouveau feu se déclare dans une dépendance. Cela parait suspect car aucune raison ne permet d’affirmer l’accident ; donc cela semble criminel. Les habitants décident de surveiller les maisons et vont surprendre Henriette... et ce sera sa fin.

Le château d’eau avec une vue imparable est sans aucun doute le meilleur point de vue sur le lac du Der ! Il faut monter quelques marches mais le jeu en vaut la chandelle. Une vue à 360° sur le lac et le bocage vous regalera. Pour vous heberger consultez le Harras des Etalons, vous y serez très bien logés.

  Champagne Gabriel Boutet reproduction interdite Photos collection  Patricia H MILLET

 
Le Champagne est le vin de fête par excellence, ne nous en privons pas à Paques.
Difficilement remplaçable, il est dégusté pour célébrer de nombreux événements dont fait partie
PAQUES
 
Avec ces petites bulles subtiles, perles de saveurs, le Champagne est un vin noble qui se mérite.
 
En Champagne il l y a pléthore de producteurs, récoltants, assembleurs, manipulateurs qui travaillent de petits terroirs souvent, comme nous, inférieurs à cinq hectares. La majorité des propriétées est inférieure à 50 ares. Sur 15 000 producteurs, seuls 4 200 commercialisent.
 
photo fleurs impatiences
 
Les champagnes que nous produisons- et que l'on on appellent  "les petites maisons"-  sont souvent  excellents mais les réseaux de distribution sont  à l'écart des grandes surfaces. Nos ventes se font  au domaine, aux amis de nos amis, à notre très ancienne et fidèle clientèle et aussi par de petits réseaux divers et variés comme des  petits salons -dégustation de particuliers
 
Votre Champagne préféré  Gabriel Boutet fait parti de ces  outsiders qui flirtent avec les grandes marques et dans ce sens peuvent vous surprendre très agréablement à  un prix très abordables. Nous n'avons pas à rougir de nos Cuvées soigneusement assemblées !
 
photo Pâques 2011 Abeilles
 
On sert principalement le champagne à l'apéritif ou au dessert.  Ceux qui aiment, peuvent le servir également lors d'un repas poisson, voire avec certaines volailles.
- Le champagne se boit frais mais pas glacé. En hiver entre 8° dans un seau à glace, millésimé ou plus ancien à 10° pour noter les subtilités qui seraient anesthésiées à température moindre.
- Le champagne est traditionnellement et généralement  - sauf pour les Blanc de Blancs- un assemblage de cépages et d’années différentes. Ceci permet de garantir un maximum de cohérence dans la signature de chaque maison.
- Un champagne millésimé est plus rare et signifie que l'année a été assez intéressante pour le  vigneron décide de ne pas harmoniser le goût général de sa marque. Ainsi le consommateur ne retrouvera pas la signature habituelle du vigneron mais la signature de l’année.
 Ceci implique qu'un champagne millésimé est forcément atypique et surprenant par rapport à notre gamme traditionnelle. Cette spécificité est le fruit de cinq ans passé en cave et d’un travail spécifique qui fait de la bouteille Millésime 2008 par exemple, une très grande dame qui offre une multitude d’approches aromatiques surprenantes en fonction de l’époque à laquelle vous déboucherez la bouteille.
Le Millésime 2011 est actuellement en vente , il est très frais, vif et il vous surprendra pas sa minéralité.
 
 

 Champagne Rosé Red Radiant Gabriel Boutet sur saumon
Cusine et vins de France
 
photo recette saumon
 
Rouleaux aux deux saumons
2 fines tranche de saumon d’Écosse fumé 1 tranche de saumon d’Écosse frais de 200 g environ 6 bouquets ou 50 g de crevettes grises cuites et épluchées 1 bouquet garni 1 petit pot d’œufs de saumon 2 branches d’aneth 1 branche de cerfeuil sel et poivre blanc moulu frais
 
Etapes
 

*Décortiquez les bouquets, ne gardez que le corps. Jetez les carapaces et les têtes écrasées dans de l’eau ou un léger court-bouillon, avec un petit bouquet garni. Faites bouillotter 15 mn puis passez.
Pochez les bouquets 3 mn dans le bouillon et égouttez.

Pendant ce temps, écaillez le saumon, ciselez les herbes, réservez-en quelques touffes, coupez les bouquets en petits morceaux (les crevettes resteront entières).
Faites pocher le saumon, la peau au fond, dans le bouillon à peine frémissant pendant 3 mn. Puis éteignez, couvrez et laissez encore dans le liquide, feu éteint, 1 ou 2 mn selon que vous aimez le poisson cuit ou peu cuit.
Épluchez le saumon, désarêtez-le et émiettez-le ou fragmentez-le. Mixez le poisson avec une cuillerée de bouillon, les herbes, sel et poivre.

Étalez les tranches de saumon fumé. Tartinez-les avec le poisson mixé jusqu’à 1 cm des côtés, disposez dessus les bouquets ou les crevettes, des œufs de saumon, quelques brindilles d’herbes et roulez le saumon fumé comme un saucisson.
Ficelez-le pour le tenir fermé et mettez au frais (clayette du haut du réfrigérateur) jusqu’au lendemain.
Au moment de servir, déficelez, et présentez en tranches épaisses avec une vinaigrette bien relevée et une salade de cresson ou de pourpier comme hors d’œuvre ou tel quel pour l’apéritif.

 


Champagne  Gabriel Boutet Bouteille  Rosé "Perle de Rosée" ou Miss Pat* demi-sec 

 

photo recette tartelettes

 

 

Dessert sucrée aux amandes

6 feuilles de brick 250 g d’amandes mondées 15 cl d’huile 6 cuil. à soupe de sucre glace 2 cuil. à soupe de cannelle en poudre 6 jaunes d’œufs 75 cl de lait 125 g de sucre en poudre 2 cuil. à soupe d’eau de fleur d’oranger

Etapes

Préparez la crème anglaise : faites bouillir le lait, puis éteignez le feu. Dans une jatte, fouettez les jaunes d’œufs avec le sucre, versez dessus le lait chaud en filet sans cesser de fouetter. Reversez l’ensemble dans la casserole et faites épaissir sur feu doux en remuant. Dès que la crème nappe la cuillère, versez-la dans un saladier et laissez refroidir. Ajoutez alors l’eau de fleur d’oranger, mélangez, couvrez et mettez au frais jusqu’au moment de servir.

Faites chauffer un peu d’huile dans une poêle et faites-y frire une à une les feuilles de brick sur leurs deux faces pour qu’elles soient dorées et croustillantes, en remettant un peu d’huile à chaque fois. Egouttez-les séparément sur du papier absorbant.

Faites frire les amandes dans le reste d’huile, égouttez-les. Quand elles sont froides, concassez-les et mélangez-les avec 4 cuillerées à soupe de sucre glace et la moitié de la cannelle.

Au moment de servir, posez une feuille de brick sur un plat de service, répartissez dessus un peu de mélange aux amandes. Recommencez jusqu’à épuisement des ingrédients en terminant par une feuille de brick. Décorez le dessus avec le reste de cannelle et de sucre glace. Servez avec la crème anglaise très fraîche.

Le temps des cerises et du champagne Rosé
Perle de Rosée
 
AUBE

J’ai embrassé l’aube d’été.

Rien ne bougeait encore au front des palais. L’eau était morte. Les camps d’ombres ne quittaient pas la route
du bois. J’ai marché, réveillant les haleines vives et tièdes, et les pierreries regardèrent, et les ailes
se levèrent sans bruit.

Arthur Rimbaud, décédé en 1891 Illuminations

champagne rosé  AURORE

La nature est tout ce qu’on voit,
Tout ce qu’on veut, tout ce qu’on aime.
Tout ce qu’on sait, tout ce qu’on croit,
Tout ce que l’on sent en soi-même.

Elle est belle pour qui la voit,
Elle est bonne à celui qui l’aime,
Elle est juste quand on y croit
Et qu’on la respecte en soi-même.

Regarde le ciel, il te voit,
Embrasse la terre, elle t’aime.
La vérité c’est ce qu’on croit
En la nature c’est toi-même.

George Sand décédée en 1876

oiseau printemps
 
AUBE2
LE TEMPS DES CERISES

 Quand nous chanterons le temps des cerises
Et gai rossignol et merle moqueur
Seront tous en fête
Les belles auront la folie en tête
Et les amoureux du soleil au cœur
Quand nous chanterons le temps des cerises
Sifflera bien mieux le merle moqueur

AUBE1
 
 


 
 

 

photos vignes cumieres les culées

Photo Patricia MILLETde la collection personnelle Champagne Gabriel Boutet 2018

 

Notre vignoble de 4 hectares est planté en majorité de Pinot Noir qui règne en maître sur les coteaux de CUMIERES et DAMERY.

Nous avons également des parcelles de Pinot Meunier et de Chardonnay afin d'être fidèle à l'assemblage historique du village et de la maison.

 

Nos vignes sont situées exclusivement sur les parcelles de CUMIERES et nos vins sont issus des raisins qui sont notre propriété et que nous cultivons personnellement et de façon éco-responsable sans externalistation de la main d'oeuvre.

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«  Partez et rapportez moi le plus bel  habillage pour l’une de mes bouteilles »

Afin qu’il y ait aucune dispute, le patriarche conduisit ses fils devant le domaine,  puis souffla trois plumes en l’air en disant :
«  Là où elles voleront, telle sera votre direction, allez ! »
L’une des plumes s’envola vers l’ouest, l’autre vers l’est. Quant à la troisième, elle voltigea tout droit à faible distance, puis retomba bientôt au sol tout près de la rivière qui coule en contrebas du domaine familial.
 
Alors l’un des frères partit à gauche vers l’est, tournant le dos au village, l’autre à droite en longeant le chemin de halage et le troisième resta près de la troisième plume. Il se demanda pourquoi le vent l’avait destiné à rester si près de l’affaire familiale.
Il s’allongea en cette fin d’hiver d’une douceur précoce dans l’herbe d’un vert puissant . Le soleil éclaboussait son visage déjà buriné par des journées passées aux vignes à tailler les pieds afin qu’ils reprennent vigueur. C’est cette nouvelle force qui leur fera porter la vendange à l’automne prochain.
L’homme couché sur le dos, rabaissa son chapeau sur ses yeux. Il s’endormit promptement. Alors que le long de la rivière, passaient péniches  et canots de plaisanciers, arrivait dans un souffle de vent  tiède tourbillonnant, une petite embarcation portant deux voiles.
 
C’est le Revolin, ce vent, qui réfléchi par un obstacle, revient sur lui-même. Ce sont les deux voiles, qui trop proches l’une de l’autre, ont produit le Revolin. La voile du devant déventa  la seconde voile. L’embarcation avait tourné sur elle-même. Elle rebondi et emporta sur son passage les ramilles.
 Ce sont celles des longues branches retombantes  sur l’onde  d’un  saule planté trop près du lit de la rivière.  
Puis l’embarcation s’arrêta net. En descendait une demoiselle, qui portait  un  long fourreau  de soie qui bougeait avec le vent.  On aurait dit qu’elle s’était  enveloppée d’un morceau de la grand-voile qui flottait fièrement  au grand mat.
 
L’homme allongé sur la rive se réveilla soudainement.  Il fut surpris de tant de bruissements.
Lorsqu’il s’assit, il vit  cette femme qui portait sur l’épaule gauche, une étole dans un dégradé de couleur parme.  La belle inconnue bougeait avec une telle grâce qu’on aurait dit que le vent s’était engouffré sous son fourreau. Le Revolin a plus d’un tour dans son sac !
Lorsqu’elle  se rapprocha de l’homme asssi dans l’herbe,  celui-ci  crut voir l’eau  de la rivière se miroiter dans les yeux gris vert de la miss.
Comme si de rien n’était, la dame  se baissa avec élégance  et cueillit quelques pâquerettes qu’elle plaça derrières l’oreille droite.
 
 
photo plume de paon
En se relevant elle ouvrit  son ombrelle faite de plumes de paon, qu’elle porta avec délicatesse au-dessus de sa tête. Il était quinze heures, ce dimanche-là.
Ce fut comme un mirage. L’homme se frotta les yeux comme pour être sûr de bien être réveillé. 
Il remit ses lunettes et resta un long moment songeur.
 
Maintenant il était à genoux sur l’herbe le dos tourné regardant fixement la rivière. Il y a avait à côté de lui une plume de paon et un petit bouquet de pâquerettes. Il savait qu’il était en train de rêver, mais il savait aussi que c’était réel.
Il se leva lentement. La belle inconnue avait disparu et nulle  trace du voilier, il y avait juste là devant lui une  embarcation semblable à une coquille, en bois  verni et merveilleusement patinée ; c’était le voilier de Bernard et de Josy qui abordait de temps à autres à Cumières.
C’est dans cet espace-temps que l’homme , à qui le patriarche avait demandé « d’aller »,  se souvint de la promesse faite à sa femme : être créatif. C’est ainsi que sont nées Pluie d’Etoiles, Etincelles et Miss Pat*Rosé que vous pourrez découvrir à la Saint Valentin chez nos dépositaires en Alsace.
 
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L'automne
 
Ce matin, Madeleine est bien lorsque qu’elle quitte son voilier sur la rivière en contrebas du village. Sur le pont près du quai où était accostée sa chaloupe, elle a attendu le lever du soleil juste en amont de la rivière frémissante. Un lever de soleil sur la plaine alluvionnaire déjà brune de sa belle terre retournée sur laquelle dansait une petite brume rose ; le spectacle émut Madeleine. Cette terre retournée de la plaine est l’avenir pour les semences de demain. Le contraste était saisissant avec les coteaux de vignes en feuilles, porteuses de promesses d’une vendange à venir d’ici quelques jours. De belles grappes allaient bientôt remplir les paniers des vendangeurs. Ces fruits sont la récompense du soleil, de la lune et du travail de la terre par les soins donnés par des hommes et des femmes…/…Après une bonne soupe à midi partagée à la table familiale, elle est allée vers les vignes pour goûter des grains de raisin ! Les grains, un peu serrés de la grappe, étaient légèrement tachetés par le chaud soleil du mois de septembre. Elle est fière du raisin de sa vigne! Elle tâte, croque et écrase contre son palais la peau un peu dure qui cède. Quelques gouttes coulent des commissures de ses lèvres, elle passe sa langue puis sa main pour s’essuyer. Le jus est encore un peu acide, mais déjà agréable et la sensation de la peau discrète mais un peu épaisse dans sa bouche, lui fait du bien…Elle décide de laisser mûrir quelques jours encore ; les grappes vont tenir leurs promesses…/.. 
Il ne fait plus aussi chaud et elle avait sous-estimé le vent, ce vent qui venait d’un coup la happer et heurter, alors elle tente un refuge. Trop contente d’en trouver un dans une cadole, elle a accepté malgré la contiguïté des lieux, de le partager avec un vieux vigneron qui cassait la croûte. Les cadoles sont des petits abris de pierres dans lesquels les vignerons s’abritent en cas de fortes pluies ou de vents violents, ils y rangent aussi de menus outils pour biner la terre comme cela se fait de nouveau désormais. 
La vendange a été belle et bonne, les mouts sucrés et acides comme on les aime en Champagne. Les cuves sont remplies et le vin travaille, bouillonne, fermente, sent. Une vie de vigneron, un nouvel avenir, un millésime peut être, nous le sauront au printemps. 
 
 
L'hiver
 
Bientôt commence la taille, les sarments ne peuvent vivre et porter des fruits qu’à condition d’être unis au cep pour recevoir la sève provenant des racines. La sève circule dans la vigne, jusqu’au mois d’Août puis commence ce que l’on appelle l’aoûtement, les brins verts deviennent bruns et le raisin attend le vigneron. Quand l’homme ne prend pas soin correctement de son corps et de son esprit, la vitalité s’amenuise et la qualité de vie décroit, l’homme perd ses perspectives et ses repères. Il se trouve alors privé de sécurité et la panique s’empare de lui, stressant son organisme. 
La vigne est tel un corps, c’est le vigneron qui en prend soin. Les sarments stériles sont ôtés et ceux qui portent les fruits sont rabattus…cela ressemble à un arrachement. L’arrachement, même s’il crée une plaie, le vigneron sait qu’il peut le soigner, et c’est ainsi qu’en coupant un sarment, la vigne rajeunira. Cette taille purifie. 
La taille a pour but de nous ramener à un lieu, à une concentration, à un essentiel. Madeleine ramassera et séchera les faguettes de sarments et en fera pour Noël un joyeux feu dans la cheminée. 
Extraits inédits de 9855 jours® Patricia HUCKEL Millet